Ici édition de 2024

Structure

Introduction

  • Contexte de 1942: un prix littéraire à la gloire de Mussolini gagné à 10 ans!
  • La libération en 1945 après deux ans de lutte pour la Liberté
  • La question de la Résistance et des partisans
  • « Ils » ne doivent pas recommencer : qui est ce « Ils »?
  • Question: pourquoi a-t-on défini Résistance et Seconde GM comme une lutte contre le fascisme ?
  • Tentative de définir pourquoi le fascisme italien s’est imposé comme le modèle contre quoi combattre et différence avec le nazisme, notamment dans la faiblesse philosophique du 1er et absence de monolithisme dans son idéologie, à la différence du 2nd. (« Le fascisme était philosophiquement disloqué, mais d’un point de vue émotif il était fermement enchâssé dans certains archétypes »).
  • S’il n’y a eu qu’un seul nazisme, « on peut jouer au contraire du fascisme de mille façons sans que le nom du jeu change » (avec un lien avec la notion de jeu selon Witgenstein, c’est-à-dire des séries d’activités qui témoignent seulement d’un quelconque air de famille).

(Dans « Ur-fascisme », le préfixe « Ur » renvoie à une racine allemande qui signifie « primitif », « archétypal »)

La liste des 14 caractéristiques du fascisme éternel

  1. Le culte de la tradition : Une culture syncrétiste où la vérité a déjà été énoncée une fois pour toutes, rejetant toute avancée réelle du savoir.
  2. Le refus du modernisme : Le rejet de l’esprit des Lumières (1789 et 1776), associé à un fond irrationaliste.
  3. Le culte de l’action pour l’action : l’action doit être mise en œuvre avant – et sans – la moindre réflexion. Pensée et réflexion sont considérées comme des formes de faiblesse; la culture est suspecte.
  4. Le désaccord est une trahison : L’esprit critique est perçu comme un signe de modernité et de dissolution du groupe. (alors que dans la culture moderne la communauté scientifique entend le désaccord comme un instrument de progrès des connaissances).
  5. La peur de la différence : Le fascisme naît de l’appel au consensus contre les intrus, se nourrissant intrinsèquement du racisme.
  6. L’appel aux classes moyennes frustrées : Il s’appuie sur une frange sociale souffrant d’une crise économique ou d’une humiliation politique. ‘ »L’Ur-fascisme naît de la frustration individuelle ou sociale. »)
  7. L’obsession du complot : c’est la racine de la psychologie de l’Ur-fascisme ». Le sentiment d’être assiégé, souvent orienté par la xénophobie et l’antisémitisme (avec un complot souvent à dimension internationale).
  8. Les ennemis sont à la fois trop forts et trop faibles. Il y a une double nature des ennemis : les ennemis sont présentés à la fois comme trop forts (pour justifier la peur) et trop faibles (pour galvaniser l’espoir de les vaincre). Les disciples doivent se sentir humiliés par la richesse ostentatoire et la force de l’ennemi.
  9. Le pacifisme est une collusion avec l’ennemi; le pacifisme est mauvais car la vie est une guerre permanente. Pour l’Ur-fascisme, il n’y a pas de lutte pour la vie, mais plutôt une vie pour la lutte.
  10. L’élitisme de masse : un mépris pour les faibles doublé d’une hiérarchie stricte où chaque subordonné méprise encore plus petit que lui.
  11. Le culte du héros et de la mort : Le héros idéal aspire à l’héroïsme quotidien et, suprêmement, au sacrifice mortel. (« Dans cette perspective, chacun est éduqué pour devenir un héros. Si dans toute mythologie, le héros est un être exceptionnel, dans l’idéologie Ur-fasciste, le héros est la norme. Un culte de l’héroïsme étroitement lié au culte de la mort« )
  12. Le machisme : Un mépris des femmes combiné à une intolérance sexuelle (de la chasteté à l’homosexualité) et un transfert du phallus vers les armes.
  13. Le populisme qualitatif : Les individus n’ont plus de droits propres ; le peuple est une entité monolithique dont le chef charismatique s’attribue l’exclusivité de la parole. (« Puisque aucune quantité d’êtres humains ne peut posséder une volonté commune, le Leader se veut leur interprète. Ayant perdu leur pouvoir de délégation, les citoyens n’agissent pas, ils sont seulement appelés, pars pro toto, à jouer le rôle du peuple. Ainsi, le peuple n’est plus qu’une fiction théâtrale. ») + (« Chaque fois qu’un politicien émet des doutes quant à la légitimité du parlement parce qu’il ne représente plus la « voix du peuple », on flaire l’odeur de l’Ur-fascisme. »)
  14. L’usage d’une « novlangue » : Un lexique pauvre et une syntaxe simplifiée pour restreindre les capacités de raisonnement critique

Conclusion

  • Découverte en 1943, à l’arrestation de Mussolini, qu’il y avait plusieurs partis en Italie
  • Découverte pour la 1ere fois aussi des mots liberté et dictature.
  • Veiller à ce que ces mots ne soient jamais oubliés